Il faut être clair sur une chose. En principe, la politique d’une banque est d’investir dans tout ce qui est susceptible de rapporter de l’argent. Au long de sa longue existence, la banque Neuflize ou ses maisons-mères historiques ont ainsi investi dans un grand nombre de secteurs porteurs. A côté de ses œuvres plus sociales et mécènes, on la trouve ainsi dans le transport, le commerce, l’industrie et également dans le secteur des eaux. Sur ce dernier point, sa participation active du côté de la station thermale d’Evian-les-bains a beaucoup compté dans le développement de son eau à la célèbre marque.

Durant, le XXe siècle, l’établissement financier est encore présent et possède des actifs dans des domaines touchant de près aux loisirs et aux divertissements comme l’hôtellerie, les golfs ou les casinos. Un inventaire datant de 2003 et portant sur les archives de la grande banque de 1939-1990, donne les détails des ses possessions et participations (Les banques et les mutations des entreprises : Le cas de Lille-Roubaix H Bonin, JF Eck, 2012).

Un positionnement renforcé à l’encontre de certains secteurs d’affaires

Au cours de ce même XXe siècle et jusqu’à très dernièrement, la banque a confirmé son positionnement dans les œuvres sociales et mécènes mais elle ne s’est pas contenté que de cela. Elle a, en effet, déployé de nombreux efforts pour amener l’ensemble de sa politique de financement et de prise de participations, sur un terrain défini comme plus socialement responsable.

Ainsi, dans ses derniers rapports d’activités, l’établissement financier a affirmé sa volonté de limiter ses investissements dans des négoces, des affaires ou des entreprises dont les participations dépasseraient 10% dans des secteurs jugés sensibles. Dans les activités ciblées, on listera des domaines d’activité tels que l’industrie du tabac et sa distribution, l’armement et notamment certains développements touchant les mines anti-personnelles et certains engins explosifs. Peut-être plus étonnement, les secteurs du gaming et du gambling ont eux-aussi fait l’objet d’une mesure similaire.

Encore une fois, cela n’a pas toujours été le cas. Au XXe siècle, les actifs des banques ayant fait l’objet de fusion font état de casinos dans leurs actifs ou leur affaires. À l’époque, cela n’avait sans doute choquer personne et il faut reconnaître que peu de banques déciderait ainsi de se priver d’investissements ou de participations dans des secteurs réputés comme les plus lucratifs qui soient. Sans prétendre que les jeux d’argent et de hasard soient de la plus haute éthique, l’Etat lui-même les encourage et les pratique. Ils n’ont pas tout à fait les mêmes incidences sur la vie humaine que l’industrie du tabac ou la fabrication de mines meurtrières. mais tout cela dénote bien du positionnement fort de la banque dans sa définition de responsabilité sociale dans l’action.

Les jeux de Casinos : au Cinéma, mais pas au delà

Pour le clin d’œil, en 2015-2016, dans le cadre de ses opérations de mécénat, Neuflize OBC contribuait à l’organisation d’un grand événement projection-exposition à la Cinémathèque française de Paris. Il était question d’y saluer la carrière et la filmographie de Martin Scorsese. L’immense cinéaste était même présent sur place et, en plus d’une exposition à son sujet, ses plus grande œuvres furent diffusées. L’ouverture du programme se fit même sur son incroyable film “Casino”.

Sorti en 1995, le film n’a pas pris une ride, avec son scénario bien ficelé, son style sans concession et son casting de choc avec dans les rôles principaux, Joe Pesci, Robert de Niro, Sharon Stone, Don Rickles et James Woods. Au sortir, Casino est rien moins qu’un des films culte de Scorsese qui en compte plus d’un à son actif. Le monde de Vegas et de ses casinos, à la fin des années soixante-dix, vu par le réalisateur italien a laissé une empreinte indélébile dans le 7ème art comme dans l’imagerie populaire. Et si Las Vegas a certainement beaucoup changé, pour qui a vu ce film, on ne peut s’empêcher de repenser à ce qui se tramait alors dans ses arrières salles.

Un secteur pourtant juteux

Quoiqu’il en soit, loin des roulettes, des machines à sous ou des tables de Poker, pour la grande banque mécène, c’était bien le cinéma qu’il s’agissait ici de saluer. Comme nous le disions, jusqu’à nouvel ordre, vous ne la trouverez pas omniprésente dans le domaine des jeux d’argent et de hasard : par choix politique, elle ne devrait pas plus investir dans les casinos ayant pignon sur rue que dans les casinos virtuels. Le négoce est pourtant juteux. Depuis 10 ans, sur internet, on a vu, en effet, fleurir une grande quantité de sites web qui offrent aux joueurs de jouer au casino en ligne dans un cadre légal et en toute sécurité. Il y en a tellement que certains sites proposent même une sélection des mieux achalandés. C’est le cas par exemple de sites web comme casinosenligne.net.

Au niveau mondial, le seul segment du jeu de casino sur internet représente un négoce de centaines et de centaines de millions d’euros annuels. Il faut bien être conscient que se priver de telles possibilités de négoce n’est pas une mince décision. Introduire une certaine morale dans le métier bancaire n’est certes pas une nouveauté, mais quand on est dans les affaires à un certain niveau, les enjeux et les conséquences peuvent être de taille. Il faut une véritable volonté pour se fermer soi-même certaines portes et Neuflize fait partie de ces acteurs du monde de la banque et de l’Assurance qui ont fait ce pas.